Actus

Découvrez nos dernières publications, actualités et articles.

SBTi V2.0 : ce qui change et focus sur la contribution carbone en 2035 

La Science Based Targets initiative (SBTi) est la référence mondiale pour valider les objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre des entreprises. Elle vérifie que les trajectoires de réduction annoncées sont réellement alignées sur l'Accord de Paris (1,5 °C). Une cible “validée SBTi” est ainsi un gage de crédibilité reconnu.

La V2 par rapport à la V1 

Publiée en juin 2026, la V2.0 du Corporate Net-Zero Standard est une révision de fond. En voici les grandes idées : 

  1. On ne fixe plus un objectif une fois pour toutes, on avance par étapes. Vous rendez compte de vos progrès chaque année, et tous les cinq ans vous faites le bilan complet de vos émissions avant de définir de nouveaux objectifs. La démarche devient un suivi régulier plutôt qu’une promesse lointaine. 
  1. Les exigences dépendent désormais de votre taille. Les grandes entreprises (catégorie A) doivent tout réaliser : objectifs sur toute la chaîne de valeur, vérification par un tiers, plan de transition public. Les PME et les entreprises des pays à faibles revenus (catégorie B) bénéficient d’un cadre allégé, où plusieurs de ces éléments restent facultatifs comme le calcul du scope 3 (les émissions indirectes de l’entreprise). 
  1. Réduire ses propres émissions passe avant tout le reste. L’ordre de priorité est clair : d’abord agir chez soi (efficacité, électrification, matériaux bas-carbone), puis mobiliser ses fournisseurs et son secteur et non l’inverse. Ceci tend à alléger la norme en laissant la possibilité d’exclure des postes d’émission jugés trop faibles (<5%) ou trop éloignés de l’action de l’entreprise (fournisseurs en haut de chaine). 
  1. Les émissions indirectes (chaine de valeur) prennent une place centrale. Vous vous concentrez sur les postes les plus lourds, et vos objectifs doivent viser une baisse réelle des tonnes émises, sans possibilité de se contenter d’une amélioration relative à l’activité. 

Important : l’ancienne version reste utilisable jusqu’en janvier 2028, mais la V2.0 s’impose aux nouveaux engagements dès février 2027. 

  1. Point de vigilance : la contribution carbone obligatoire, mais seulement en 2035 

Concernant la contribution carbone, la V2.0 marque un progrès par rapport à la V1. L’ancienne version se contentait de recommander aux entreprises d’investir au-delà de leur chaîne de valeur, sans critère ni échéance, une incitation restée largement de côté. La V2.0 franchit un cap : elle crée un cadre structuré, la Responsabilité des émissions courantes (OER), et rend pour la première fois la contribution obligatoire. Les grandes entreprises (catégorie A) devront soutenir des absorptions carbones éligibles : boisement, zones humides, séquestration des sols. 

Mais cette obligation ne prendra effet qu’après 2035. D’ici là, le dispositif reste volontaire. 

Regard critique sur cette V2

Passer de la recommandation à l’obligation est la bonne direction, mais dix ans de délai est un temps trop long. La priorité donnée à la réduction est légitime, reporter le soutien aux puits de carbone ignore en revanche leur temporalité : un boisement engagé aujourd’hui ne séquestre efficacement qu’au bout de plusieurs dizaines d’année. Il en est de même pour une zone humide restaurée.

Si le signal contraignant n’arrive qu’en 2035, les tonnes ne tomberont qu’à l’approche de 2050, trop tard pour la neutralisation que le standard exige lui-même. Pour les porteurs de projets, chaque année d’attente signifie des surfaces non plantées. 

    Alors pourquoi attendre 2035, si vous pouvez contribuer aujourd’hui  ? 

    Gaëlle Zimmer

    30 juillet 2026
    Laissez nous choisir un ou des projets pour vous !
    Laissez nous choisir un ou des projets pour vous !